Et si ne rien faire était l’une des choses les plus utiles que l’on puisse s’offrir ? Venu des Pays-Bas, le niksen remet à l’honneur ces moments où l’on s’autorise à s’arrêter, sans objectif ni écran. Une invitation douce à ralentir, particulièrement bienvenue un dimanche.
- Le niksen est un mot néerlandais qui signifie « ne rien faire », au sens d’un repos sans but précis.
- Il se distingue de la méditation : on ne cherche ni à se concentrer, ni à observer ses pensées, seulement à laisser aller.
- S’accorder de vraies pauses aide le cerveau à se reposer et laisse souvent émerger idées et recul.
- Ce n’est ni de la paresse ni de la procrastination : c’est un temps choisi, assumé, sans tâche en attente.
- Quelques minutes suffisent pour commencer ; l’important est la régularité, pas la durée.
À retenir : Le niksen n’est pas une méthode de plus à réussir, mais la permission de s’arrêter. Le pratiquer, c’est réapprendre à goûter les temps morts plutôt qu’à les combler.
Le niksen, qu’est-ce que c’est au juste ?
Le terme vient du néerlandais « niksen », que l’on peut traduire par « ne rien faire ». Il désigne ces moments où l’on s’installe sans intention particulière : regarder par la fenêtre, s’asseoir dans un fauteuil et laisser passer le temps, écouter la pluie sans rien faire d’autre. Popularisé aux Pays-Bas puis au-delà, ce petit mot a rencontré un écho parce qu’il met un nom sur une pratique que beaucoup ont oubliée : celle de la pause vraiment libre.
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Découvrir Le Cercle →Ce qui frappe, c’est la simplicité de l’idée. Là où de nombreuses approches du bien-être proposent des exercices, des étapes ou des applications, le niksen ne demande rien. Pas de posture, pas de respiration guidée, pas d’objectif à atteindre. On s’autorise simplement à être là, disponible à rien de précis. C’est un contre-pied assumé à une époque où chaque minute semble devoir être « rentabilisée ».
Il ne s’agit pas non plus d’une philosophie compliquée. Le niksen se rapproche d’un état que tout le monde a connu enfant : rêvasser, laisser filer les minutes sans se sentir coupable. L’adulte, lui, a souvent perdu cette aisance, remplaçant le moindre vide par un écran ou une tâche. Le redécouvrir demande un peu de pratique, mais rien d’inaccessible.
Une pause, pas une performance : la nuance avec la méditation
On confond parfois le niksen avec la méditation de pleine conscience. Les deux se rejoignent sur le calme, mais leur esprit diffère. La pleine conscience invite à observer ses sensations, son souffle, ses pensées, avec attention. Le niksen, lui, ne demande aucun effort de concentration : on laisse simplement l’esprit vagabonder où il veut, sans le rappeler à l’ordre.
Cette absence de consigne est précisément ce qui séduit. Beaucoup de personnes se disent « nulles en méditation » parce qu’elles n’arrivent pas à faire le vide. Avec le niksen, il n’y a rien à réussir : les pensées peuvent partir dans tous les sens, c’est même souvent ce qui se passe, et c’est très bien ainsi. On relâche le contrôle plutôt que d’en exercer un nouveau.
Cela ne signifie pas que l’un vaut mieux que l’autre. La méditation reste un outil précieux, étudié pour ses effets sur le stress. Le niksen se pose comme une porte d’entrée plus légère, sans engagement ni discipline, pour celles et ceux que l’idée de « pratiquer » intimide ou lasse.
Pourquoi s’arrêter fait-il tant de bien ?
Notre quotidien laisse peu de blancs. Entre les sollicitations professionnelles, la charge domestique et le flot des notifications, l’attention est rarement au repos. Or l’esprit, comme le corps, a besoin de récupérer. S’accorder des pauses réellement vides, sans stimulation, offre au cerveau une respiration que le multitâche ne permet jamais.
Les spécialistes du repos soulignent qu’à l’arrêt, l’esprit ne s’éteint pas : il continue de travailler en sourdine, reliant des idées, digérant les journées, laissant parfois surgir une solution que l’on cherchait en vain. C’est l’expérience banale de la bonne idée qui arrive sous la douche ou en marchant, justement quand on ne réfléchissait plus. Le vide n’est pas improductif ; il est fertile à sa manière.
Il y a enfin une dimension plus intime : ralentir, c’est se réapproprier son temps. Dans une culture qui valorise l’occupation permanente, choisir de ne rien faire est un acte de douceur envers soi. Cela ne remplace pas un accompagnement en cas de mal-être durable, mais cela nourrit un rapport plus apaisé au quotidien.
Ni paresse, ni procrastination : une pause assumée
La principale résistance au niksen est la culpabilité. Ne rien faire déclenche vite une petite voix : « je devrais être en train de… ». C’est le signe d’une croyance tenace selon laquelle notre valeur se mesure à notre productivité. Pourtant, se reposer n’est pas se dérober : c’est reconnaître que l’on n’est pas une machine à cocher des tâches.
La différence avec la procrastination tient à l’intention. Procrastiner, c’est éviter quelque chose que l’on devrait faire, et en ressentir un inconfort diffus. Le niksen, à l’inverse, est un temps choisi : rien n’est en attente derrière, on ne fuit pas une obligation, on s’octroie sciemment une parenthèse. La tranquillité qui en découle n’a rien à voir avec la mauvaise conscience de la tâche repoussée.
Se donner cette permission demande parfois un vrai réapprentissage, surtout quand on a l’habitude de tout remplir. Commencer petit aide : quelques minutes suffisent pour constater que le monde ne s’écroule pas parce qu’on s’est posé. Peu à peu, la culpabilité laisse place à un sentiment plus juste : celui d’avoir pris soin de soi.
Comment s’y mettre, concrètement
Nul besoin d’un rituel élaboré. Il s’agit de repérer un moment et un endroit où l’on peut s’asseoir ou s’allonger sans rien avoir à faire : un fauteuil près d’une fenêtre, un coin de canapé, un banc au parc. L’idée est de laisser le regard se poser et l’esprit dériver, sans chercher à « bien » le faire. Le téléphone, lui, reste à distance : c’est la condition pour que la pause soit réelle.
Le dimanche s’y prête particulièrement. Plutôt que de remplir la journée d’occupations pour « ne pas la perdre », on peut lui ménager de vrais creux : dix minutes après le déjeuner, un temps calme en fin d’après-midi. Ces intervalles, loin d’être du temps gâché, redonnent souvent de l’élan pour la semaine à venir. Les micro-pauses en journée fonctionnent sur le même principe, à plus petite échelle.
Enfin, mieux vaut viser la régularité que la durée. Un quart d’heure de vrai repos, plusieurs fois par semaine, apporte davantage qu’une longue plage isolée. Le niksen se cultive comme une petite habitude discrète : sans objectif chiffré, sans pression de résultat, juste la fidélité à ces moments où l’on ne fait, volontairement, rien.
Ce que le niksen peut, et ce qu’il ne peut pas
S’accorder des pauses est précieux, mais il serait trompeur d’en faire un remède universel. Le niksen aide à relâcher la pression et à retrouver du souffle ; il ne fait pas disparaître une surcharge chronique, un épuisement installé ou une souffrance psychique. Si la fatigue, la tristesse ou l’anxiété s’installent et pèsent sur le quotidien, en parler à un professionnel de santé reste la bonne démarche.
Il ne remplace pas non plus les autres piliers du bien-être : un sommeil suffisant, du mouvement, des liens qui font du bien. Le voir comme un complément, et non comme une solution miracle, permet d’en profiter sans en attendre l’impossible. C’est une petite pierre parmi d’autres, précieuse parce que simple et gratuite.
Reste l’essentiel : dans un quotidien qui pousse à toujours en faire plus, s’autoriser à ne rien faire est déjà un beau geste. Le niksen ne demande ni matériel, ni talent, ni temps particulier. Il invite seulement à retrouver le goût des instants sans but, ceux qui, l’air de rien, remettent les choses à leur place.
- Aucune contrainte : pas de méthode, de matériel ni d’objectif à atteindre.
- Accessible à tout moment et totalement gratuit.
- Offre au cerveau un vrai temps de repos, propice au recul et aux idées.
- Aide à desserrer la pression de la productivité permanente.
- Peut réveiller de la culpabilité au début, le temps de s’y autoriser.
- N’est pas un substitut au sommeil, au mouvement ou à un accompagnement en cas de mal-être.
- Difficile à installer sans mettre les écrans à distance.
- Ses bienfaits se ressentent dans la régularité, pas en une fois.
- « Ne rien faire, c’est perdre son temps. » — Les temps de pause aident au contraire l’esprit à récupérer et laissent souvent émerger des idées.
- « Le niksen, c’est juste de la méditation. » — La méditation demande attention et concentration ; le niksen laisse l’esprit vagabonder librement, sans consigne.
- « Il faut y consacrer de longues plages. » — Quelques minutes régulières valent mieux qu’une longue pause isolée et rare.
Nous aimons le niksen parce qu’il ne demande rien et redonne beaucoup. Dans un quotidien saturé, s’autoriser à ne rien faire est une forme de bienveillance envers soi, à condition de ne pas en faire une nouvelle injonction à réussir. Prenez-le comme une invitation légère : une fenêtre, un fauteuil, dix minutes, et rien à prouver.— La rédaction Femme & Équilibre
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Rejoindre le forum →Questions fréquentes
Le niksen, est-ce vraiment ne rien faire ?
En quoi est-ce différent de la méditation ?
Combien de temps faut-il y consacrer ?
Ne risque-t-on pas de devenir passif ?
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