- DistinctionTIFF Ebert Director Award 2026
- Une première1er cinéaste coréen à le recevoir
- RemiseGala des Tribute Awards, 13 septembre 2026
- Né le4 juillet 1954, à Daegu (Corée du Sud)
- Films pharesOasis, Secret Sunshine, Poetry, Burning
À retenir — Venu tard au cinéma après une vie d’écrivain, Lee Chang-dong a bâti une œuvre rare, exigeante et profondément humaine. Le Festival de Toronto salue aujourd’hui un parcours tout entier tourné vers la vérité des êtres.
Le Festival international du film de Toronto (TIFF) a choisi d’honorer, cette année, l’un des cinéastes les plus respectés d’Asie. Le réalisateur sud-coréen Lee Chang-dong reçoit le TIFF Ebert Director Award 2026, devenant le premier cinéaste coréen à être distingué par ce prix. Une reconnaissance qui salue une œuvre patiente, sensible et sans concession.
Un prix qui récompense une œuvre entière
Créé en hommage au grand critique américain Roger Ebert, le TIFF Ebert Director Award distingue un cinéaste dont le travail incarne la passion du regard et l’attention portée aux êtres. En 2026, il revient à Lee Chang-dong : c’est la première fois qu’un réalisateur coréen le reçoit, signe supplémentaire du rayonnement mondial du cinéma sud-coréen ces dernières années.
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Découvrir Le Cercle →La distinction lui sera remise lors du gala des Tribute Awards, le 13 septembre 2026, à Toronto, aux côtés d’autres personnalités saluées par le festival. Plus qu’un film en particulier, c’est l’ensemble d’un parcours qui est ici mis en lumière.
De l’écriture au cinéma, un parcours singulier
Né le 4 juillet 1954 à Daegu, dans le sud de la Corée, Lee Chang-dong n’a pas emprunté le chemin le plus direct vers les plateaux. Enseignant puis romancier reconnu dans les années 1980, il est d’abord un homme de mots. Ce n’est qu’à la quarantaine qu’il passe derrière la caméra, fort d’une sensibilité littéraire qui irriguera tous ses films.
Cette trajectoire tardive explique en partie la rareté de sa filmographie : en près de trois décennies, il n’a signé que six longs métrages. Chacun est pensé, mûri, porté par le refus des facilités. Entre 2003 et 2004, il occupe même les fonctions de ministre de la Culture et du Tourisme de Corée du Sud, preuve de la place qu’il tient dans la vie culturelle de son pays.
Cinq films, une même quête de vérité
Après un premier long métrage remarqué, Green Fish (1997), Lee Chang-dong impose une manière bien à lui : filmer la douleur, la mémoire et la dignité des gens ordinaires. Peppermint Candy (1999) remonte le fil d’une vie à rebours ; Oasis (2002) offre une histoire d’amour bouleversante entre deux êtres que la société tient à l’écart.
Suivent Secret Sunshine (2007), sur le deuil et la reconstruction, puis Poetry (2010), portrait lumineux d’une femme âgée qui découvre l’écriture. En 2018, Burning, adapté d’une nouvelle de Haruki Murakami, confirme sa maîtrise et son sens du mystère. À chaque fois, la même exigence : prendre le temps, regarder vraiment, ne jamais juger.
Cannes, Venise : une reconnaissance mondiale
Les grands festivals ne s’y sont pas trompés. Oasis vaut à son auteur le Lion d’argent du meilleur réalisateur à la Mostra de Venise en 2002. À Cannes, Secret Sunshine permet à l’actrice Jeon Do-yeon de décrocher le prix d’interprétation féminine en 2007, tandis que Poetry obtient le prix du scénario en 2010.
Burning, enfin, marque les esprits en 2018 en recevant le prix de la critique internationale (FIPRESCI) et en devenant le premier film coréen retenu dans la présélection des Oscars pour le meilleur film en langue étrangère. La France l’avait déjà distingué en le faisant chevalier de la Légion d’honneur en 2006, pour son engagement en faveur de la diversité culturelle.
Un retour très attendu
Discret mais toujours actif, Lee Chang-dong prépare un nouveau long métrage, produit pour une plateforme internationale et attendu à l’automne 2026. Après sept années sans nouveau film, ce retour est l’un des plus guettés du cinéma d’auteur. Le prix reçu à Toronto tombe donc à un moment charnière : il célèbre le passé tout en ouvrant un nouveau chapitre.
Pour ses admirateurs, l’occasion est belle de (re)découvrir une œuvre où l’émotion naît toujours de la justesse, jamais de l’effet.
Ce que son parcours nous inspire
Le cheminement de Lee Chang-dong a de quoi encourager celles et ceux qui doutent du calendrier. On peut commencer une nouvelle vie professionnelle à quarante ans et y exceller. On peut avancer lentement, refuser la course au volume, et laisser à chaque projet le temps de mûrir.
Chez Femme & Équilibre, nous retenons de son exemple une leçon simple : la patience n’est pas une faiblesse, mais une force. Prendre le temps de bien faire, écouter, observer avant d’agir : voilà une manière d’avancer qui vaut bien au-delà des salles obscures.
- Une œuvre rare et cohérente, construite loin des modes
- Un regard tendre sur les gens ordinaires et les oubliés
- Une reconnaissance des plus grands festivals, de Venise à Cannes
- Une fidélité à ses exigences, même au prix de longs silences
- Un cinéma exigeant, qui demande de la disponibilité au spectateur
- Une filmographie volontairement peu abondante
- Résumer son art à un seul film serait réducteur
- Lee Chang-dong aurait toujours été cinéaste — il fut d’abord enseignant et romancier avant de passer à la réalisation à la quarantaine.
- Le cinéma coréen se résumerait aux films d’action ou d’horreur — son œuvre incarne au contraire un cinéma d’auteur intime et contemplatif.
- Le prix de Toronto récompenserait un seul film — l’Ebert Director Award salue l’ensemble d’une carrière.
Nous aimons, chez Lee Chang-dong, cette conviction que la lenteur peut être une forme de respect : respect des personnages, du spectateur, du temps nécessaire pour dire vrai. Une distinction méritée, qui récompense la constance autant que le talent.— La rédaction Femme & Équilibre
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