- QuiFranz de Bavière, 93 ans
- MaisonWittelsbach, dont il est le chef depuis 1996
- L’entretienChaîne publique bavaroise, 30 juillet 2026
- Son messagePlus de tolérance, refus de l’exclusion
- Son histoireRescapé, enfant, des camps nazis (1944-1945)
À retenir — À 93 ans, le doyen de l’une des plus anciennes dynasties d’Europe met sa voix au service de la tolérance et du respect de chacun. Un message porté par le poids d’une vie hors du commun.
Il porte l’un des plus grands noms de l’histoire allemande, mais c’est un message d’une grande simplicité qu’il a choisi de transmettre. À 93 ans, Franz de Bavière, chef de la maison de Wittelsbach, plaide pour un monde plus tolérant et contre toute forme d’exclusion. Une parole douce et ferme à la fois, portée par le poids d’une vie qui a traversé le pire.
Un appel à la tolérance
Dans un entretien accordé à la chaîne publique bavaroise, diffusé le 30 juillet 2026, le duc de Bavière a livré une réflexion posée sur son époque. Sans jamais hausser le ton, il a dit son souhait de voir advenir une société plus tolérante, et son inquiétude face à la montée des discours d’exclusion et des préjugés. Le retour de l’antisémitisme, en particulier, le préoccupe profondément.
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Découvrir Le Cercle →Ce qui frappe, dans ses propos, c’est le refus des raccourcis. Le nonagénaire invite à préférer le dialogue aux slogans, la nuance aux certitudes faciles. Un plaidoyer pour le respect de chacun, qui dépasse largement les frontières de la Bavière et rejoint une aspiration universelle : vivre ensemble, dans la dignité et la considération mutuelle.
Le chef d’une très ancienne dynastie
Né le 14 juillet 1933 à Munich, Franz de Bavière est l’arrière-petit-fils de Louis III, dernier roi de Bavière, déposé en 1918. Il est, depuis 1996, le chef de la maison de Wittelsbach — l’une des plus anciennes familles régnantes d’Europe, dont les origines remontent au début du Moyen Âge. La monarchie bavaroise n’existe plus depuis plus d’un siècle : le duc ne porte aujourd’hui qu’un titre d’usage, sans fonction officielle.
Loin des cours et des ors, il a choisi une existence discrète, consacrée à la culture et à la transmission. À un âge où beaucoup se retirent du monde, il continue de s’exprimer avec clarté sur les sujets qui lui tiennent à cœur, avec l’autorité tranquille que confère une longue vie.
Un rescapé qui n’oublie pas
Pour comprendre la force de son appel à la tolérance, il faut connaître son histoire. Opposée au nazisme, la famille de Wittelsbach avait fui l’Allemagne. Mais en octobre 1944, alors que Franz n’a que onze ans, les siens sont arrêtés par la Gestapo puis déportés dans plusieurs camps de concentration — Oranienburg, Flossenbürg, puis Dachau. L’enfant y connaît la faim et la peur, et n’en réchappe, avec sa famille, que grâce à la libération par les troupes américaines, au printemps 1945.
De cette épreuve indicible, le duc a tiré une conviction qui irrigue toute sa parole publique : le refus de l’oubli et le respect absolu de la dignité humaine. Lorsqu’un homme qui a vu cela plaide pour la tolérance, ses mots portent une gravité particulière. C’est le témoignage vivant d’une mémoire que le temps n’a pas effacée.
Le courage d’être soi
En 2023, à l’âge de 90 ans, Franz de Bavière a publiquement évoqué sa vie aux côtés de son compagnon, Thomas Greinwald, avec qui il partage son existence depuis les années 1980 — plus de quarante ans d’une histoire commune. Il est le seul chef d’une grande maison royale européenne à assumer ainsi ouvertement son homosexualité.
Interrogé sur ce choix, il a dit espérer que sa démarche ait « fait une différence » pour d’autres. Une manière pudique de rappeler qu’être fidèle à soi-même, à tout âge, peut ouvrir un chemin à celles et ceux qui hésitent encore. Il y a, dans cette sérénité tardive, une belle leçon de constance et de courage tranquille.
Une vie tournée vers l’art et l’ouverture
Grand amateur d’art, le duc a rassemblé au fil des décennies une remarquable collection d’art contemporain, dont il a prêté des œuvres majeures à la Pinakothek der Moderne de Munich. Premier Allemand élu au conseil international du Museum of Modern Art de New York, il en a présidé les travaux durant seize ans. Une vie entière placée sous le signe de la curiosité, du beau et du dialogue entre les cultures.
Mécène plus que prince de représentation, il incarne une certaine idée de la noblesse : celle qui se mesure moins aux titres qu’à ce que l’on transmet et à ce que l’on défend.
Ce que son message nous inspire
Au-delà de l’actualité, la voix du duc de Bavière nous rappelle quelques évidences précieuses. La première : la tolérance n’est pas une faiblesse, mais une force qui demande du courage et de la constance. La deuxième : on peut avoir traversé le pire et choisir, malgré tout, de rester tourné vers l’autre et vers l’avenir. La troisième, enfin : il n’est jamais trop tard pour être pleinement soi-même, ni pour élever la voix en faveur de ce qui compte.
Chez Femme & Équilibre, nous retenons cette douceur ferme : celle d’un homme de 93 ans qui, fort de sa mémoire, continue d’appeler au respect et à la bienveillance. Un bel exemple de dignité, à méditer bien au-delà des cours royales.
- Un appel à la tolérance porté par une vie hors du commun
- La dignité d’un rescapé qui refuse l’oubli
- Le courage tranquille d’être fidèle à soi-même, à tout âge
- Une longévité amoureuse rare : plus de quarante ans à deux
- La monarchie bavaroise n’existe plus : titre d’usage courtois
- Ses propos relèvent d’un témoignage personnel, non d’un discours officiel
- Une figure discrète, qui s’exprime rarement dans les médias
- La Bavière aurait encore un roi — la monarchie a pris fin en 1918 ; Franz de Bavière porte un titre d’usage.
- Il ne serait qu’un héritier lointain — il est le chef reconnu de la maison de Wittelsbach depuis 1996.
- Son parcours se résumerait à son nom — il fut aussi un grand mécène et un collectionneur d’art de premier plan.
Nous retenons de Franz de Bavière une leçon de constance : on peut avoir connu le pire et choisir la bienveillance, on peut porter un grand nom et rester simple, on peut avoir 93 ans et continuer d’espérer un monde meilleur. C’est cette douceur ferme qui inspire.— La rédaction Femme & Équilibre
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